cinéma provençal et marseillais

25 mars 2020


LE CINEMA DE MARCEL

 

 

 

Marcel Pagnol

 

 

 

 

Ce site fait pour mon plaisir et le votre (je l'espère) est loin d'être exhaustif et non sans parti-pris ! J'ai en effet voulu parler des acteurs Provençaux ou "adoptés" par les Provençaux, que j'aime et ayant gravité autour de Marcel Pagnol, "le fils prodige", le génie. Voici une citation de Louis Jouvet :

 

 Pagnol ! Quel dommage...........Songe que depuis quinze ans il n'a plus rien écrit pour le théâtre. Et pourtant, quel magicien du verbe ! Quel observateur ! Quel extraordinaire créateur de "caractères" ! Sans jamais tomber ni dans un naturalisme ni dans un vérisme excessifs, il a su merveilleusement donner vie à des personnages de chair, pétris d'humanité et de tendresse, gonflées de poésie, suintant d'émotion, des personnages pleins de rêve, des personnages heureux de vivre et "ravis de rêver leur vie" (Léo Lapara "Jouvet")

 

Un site de plus ? Peut-être ! Mais j'ai tenté d'y apporter des anecdotes amusantes, des détails inconnus sur la vie publique, privée (pourquoi s'en priver ?) de ces merveilleux acteurs, détails disséminés dans tous les livres que j'ai pu lire !

 

Si vous ne souhaitez pas voir sur ce site une photo dont vous avez les droits d'auteur

Un gentil mail de votre part et je retire aussitôt la ou les photos. Ce serait trop bête de faire appel à votre avocat. Merci à vous !

 

Bonne lecture​

Fanny

 

 

 

 

 

 

 

M. Pagnol scénariste avec parfois une supervision discrète

ou plus appuyée sur le tournage 

 

Marius de Korda : 1931

Fanny de Marc Allegret : 1932 (discrète supervision)

Topaze de Louis Gasnier : 1932

Direct au coeur de Roger Lion : 1932

L'agonie des aigles de Richebé : 1933

Tartarin de Tarascon de R. Bernard : 1934 (scénario écrit à la demande de Raimu)

Mr Brotonneau de Esway : 1939 (cinéaste imposé par Raimu qui remettait en cause la mise en scène de Pagnol)

Arlette et l'amour de Vernay - 1943

Naïs de Leboursier (supervision active de Pagnol) : 1945

Le rosier de Mme Husson de Boyer : 1950

Carnaval de Verneuil : 1953

La terreur des dames de Boyer : 1956

La dame aux camélias de François Gir : 1962 (TV)

 

Marcel Pagnol cinéaste :

 

Le Gendre de Mr Poirier : 1933

Jofroi : 1933

Angèle : 1934

Le premier amour : 1934

Merlusse : 1935

Cigalon : 1935

Topaze : 1936

César : 1936

Regain : 1937

La femme du boulanger : 1938

La fille du puisatier : 1940

La prière aux étoiles (inachevé) : 1941

La belle meunière : 1948

Topaze : 1950

Manon des Sources : 1952

Jean de Florette (2ème partie) : 1952

Lettres de mon moulin : 1954 et 1967

 

 

 

 

 

 

 

Posté par Faneton13 à 23:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


27 mars 2020

 

 

Alibert

Henri ALLIBERT - Alibert 

Henri Alibert est né en 1889 dans le Vaucluse (Loriol-du-Comtat pour certains, Carpentras pour d'autres !!). Il est marié avec la fille de Vincent Scotto qui le lancera dans la chanson. Comme tous ceux qui rêvent de faire carrière, il "fait ses dents" à Marseille : à l'Alcazar entre autres où il obtient de très grands succès. Il est jeune, souriant, beau, il a une belle voix et surtout il a un talent incomparable. Très vite, au début des années 30, il monte à Paris où le succès là aussi est immédiat. En 1933 Alibert, Sarvil et Scotto, créent l'opérette "Trois de la Marine". C'est un succès sans précédent. Les opérettes se succèdent  : "Un de la Canebière", "Au pays du Soleil"... Tous les plus grands artistes provençaux y participent : Rellys, la belle Jenny Hélia et d'autres chanteurs/acteurs aujourd'hui oubliés... ! Le succès ne se dément pas, même après guerre où l'on découvre le jazz, les chanteurs américains... Alibert, Sarvil et Scotto font encore recette. Partout, on chante les chansons du trio. On a souvent attribué des chansons de René Sarvil à Alibert.  Bien qu'ayant tourné 11 films (tous ayant pour décor la Provence), Alibert n'a jamais joué dans un film de Pagnol ; par contre il a joué (à son initiative)  "Marius" au théâtre en 1943, avec les mêmes acteurs d'avant-guerre :  Raimu, Orane Demazis, Vattier.... et le même succès qu'en 1929

Il est mort en 1951 à Marseille où il est enterré.


Sources : "Sarvil, l'oublié de la Canebière" de Crescenzo et Allione - La Revue "MARSEILLE" N° 217

 

Posté par Faneton13 à 12:29 - Commentaires [0] - Permalien [#]

 

Andrex

André Jaubert - ANDREX

"Tu vois, c'est une fille comme ça que je veux ! Pas pour la nourrir, mais pour qu'elle me nourrisse !!" (Angèle)

Andrex est né en 1907 à Marseille (il a passé son enfance au Bd Chave à quelques pâtés de maisons de Fernandel). Bien que voisins, Andrex et Fernandel ne se sont pas connus à l'école, comme lu sur certains sites, mais plus tard sur une scène. Très jeune Andrex rêve de monter sur les planches. Son père s'y oppose. Quand celui-ci décède, le frère aîné est d'accord pour qu'il se lance dans le music-hall, à condition qu'il gagne sa vie. Andrex a une jolie voix, il est charmant, plein de bagou, il a du talent. Très vite, il prouve à son frère qu'il gagnera mieux sa vie au music-hall que dans l'entreprise familiale. Il côtoie Tramel, Delmont et surtout Fernandel le compagnon de route, l'ami de toujours.

Il a du succès et fait des scènes de plus en plus prestigieuses. Un ami qui "travaille" pour Carbone lui fait rencontrer Maurice Chevalier qui l'encourage vivement à monter à Paris. Comme tous les Provençaux de talent, il se produit au Concert Mayol, dont le propriétaire n'est autre que Mayol, le grand chanteur de charme toulonnais. Il passe dans toutes les salles. Puis un jour, Fernandel lui propose de rencontrer Pagnol qui prépare son prochain film "Angèle". Pagnol voit Andrex et dit "Il est girond" ! Il jouera le rôle odieux de Petit Louis (le mac d'Angèle). Il est extraordinaire de cynisme dans ce rôle, mais tellement bon acteur. Il enchaîne les opérettes, les tours de chants, les scènes françaises, belges, algériennes, marocaines, canadiennes..... ! Il ne se contente plus d'imiter Maurice Chevalier, il a son propre répertoire et chante quelques gros succès de Sarvil-Scotto (Notre Canebière, Miette......).

En 1934, il est dans le chef-d'oeuvre "Toni" de Renoir. il tourne d'autres films plus ou moins bons, mais parsemés de quelques très beaux films voire des chef-d'oeuvre : "La Marseillaise", "Un carnet de bal" (encore un rôle horrible), "Hôtel du Nord", "Fric-Frac", "Manon" de Clouzot, "Si Versailles nous était conté" et "Si Paris nous était conté" de Guitry, "l'aîné des Ferchaux", "Cap Canaille" son dernier film.
Il a eu une vie, une carrière bien remplie, pleine de joie, de rires, d'angoisses aussi, mais si heureuse. Il a aimé partager sa gaîté, sa joie de vivre.
Il nous a quittés en 1989, quelques semaines après avoir écrit son autobiographie pleine d'humour "on ne danse plus la java chez Bébert". Son seul chagrin c'était d'avoir vu partir tous ceux qu'il aimait : ses parents bien sûr, sa femme et ses amis : Ardisson, Tramel, Fernandel son meilleur ami.

Andrex, je ne t'en veux plus d'avoir fait souffrir Angèle !!


Sources : "On ne danse plus la java chez Bébert", "Marseille sur scène"

 

 

 

 

 

 

 

Posté par Faneton13 à 12:31 - Commentaires [0] - Permalien [#]

 

Ardisson

 

Jules André Edmond Ardissons - ARDISSON

"L'eau, couiiiiiic" (Manon des Sources)

​"Arrêtez ! Ne sonnez pas les cloches, ça me fait des chatouilles" (Manon des Sources)

​"Ca y est ! Il l'ont arrêtée ! Il lui ont mis les menottes ! Bé tant mieux ! Toutes les femmes, il faudrait les mettre en prison" (Manon des Sources)

​Ardisson est né en 1904 à Marseille. Il a tout fait : tour de chants, opérettes, revues jusqu'à ce que le cinéma le happe. Comme Andrex, il n'a tourné qu'un seul film avec Pagnol : "Manon des Sources", mais on se rappellera de lui, accroché au clocher par le pantalon.

Il semble être "monté" assez vite à Paris où il n'a cessé de tourner des films. Mais quelle carrière ! Qu'on en juge : 75 films entre 1938 et 1978, dont "La Marseillaise" (il y a des scènes magnifiques entre lui et Andrex dans ce film), "Sous le ciel de Paris", "Edouard et Caroline", "Le boulanger de Valorgues", "Manon des sources" où il joue le rôle du fontainier, "Ali Baba et les 40 voleurs".....
Je sais peu de choses sur Ardisson. C'est certainement Andrex qui en parle le plus et le mieux dans son autobiographie "on ne danse plus la java chez Bébert". Il raconte qu'à Marseille, au milieu de tous ces artistes Marseillais, se trouvait un acteur du nom de Moned, qui plus tard en montant à Paris se fit appeler Ardisson. Dans son autobiographie, Andrex dit combien cet être merveilleux lui manque.
Il est mort en 1983 dans un hospice de la région parisienne.


Sources : L'Encinémathèque - "On ne danse plus la java chez Bébert" Andrex - "Marseille sur scène"

 

 

 

 

 

 

 

Posté par Faneton13 à 12:37 - Commentaires [0] - Permalien [#]

 

Arius

Henri Octave Marie Bernascon - HENRI ARIUS

"poil au gigot, poil à l'agneau, poil au rable, poil au foie, poil aux "zosses."- (Manon des Sources)

​Arius est né à Marseille en 1897. Sa carrière cinématographique commence assez tard, puisqu'il a 43 ans quand il tourne son premier film : "Le roi des galéjeurs" de Rivers. Cela semble être un film sur Marseille avec ses poncifs vus par les Nordistes.

Arius a tourné dans "Manon des Sources" de Pagnol. Il joue le rôle du boucher (irrésistible quand sur la terrasse du café, ils jouent à "poil au...." et ne cesse de citer des parties animales). Il a aussi joué dans "Naïs" d'après un scénario de Pagnol. Mais son plus beau rôle est certainement celui du compositeur Léopardi dans le chef-d'oeuvre "Quai des Orfèvres" de Clouzot. Il est hilarant  quand, sous prétexte de suivre la cadence de la chanson qu'il a écrite "avec son tralala" chantée par Susy Delair, il en profite pour lui tripoter la cuisse. Et cela sous l'oeil furibard de Bernard Blier !! Arius est mort dans sa ville en 1968. Il repose au cimetière de Saint-Pierre


Sources : Wikipédia - moi-même !!!

 

 

 

 

 

 

 

Posté par Faneton13 à 12:39 - Commentaires [0] - Permalien [#]


 

Bassac

 

Robert Bassac - BASSAC

- "Va-t-en espèce de brigadeù, va te cacher fondu"

(La femme du boulanger)

​Robert Bassac est né à Nice en 1910 (son accent laissait supposer qu'il était né plus au Nord : Valence ou Montélimar !!!!!!!). Pas très grand, mince, le visage plutôt anguleux, des lunettes qui lui "bouffent" le visage. Voilà Robert Bassac. D'abord rédacteur au "Petit Provençal" (avant que le journal ne se déclare pro-vichyste puis ouvertement pro-nazi), Alexandre, sociétaire de la Comédie Française l'entend réciter des poèmes, l'aide à se lancer dans la carrière artistique. Très vite, il a Françoise Rosay comme marraine (que rêver de plus !!).

C'est Pagnol qui le "remarque" au théâtre du Gymnase à Marseille (dont le directeur est Franck Esposito, également directeur de l'Alcazar). Pagnol lui propose un petit rôle dans "César" (Dromard, l'ami de Césariot). Il impressionne déjà par son jeu vrai, juste. Puis il est cité dans "Regain", visionné une cinquantaine de fois et où je n'aperçois pas son visage bien reconnaissable. Dans le "Schpountz" il fait partie de l'équipe de cinéma.

Enfin c'est la consécration, rapide, fulgurante : il joue le rôle de l'instituteur dans "la femme du boulanger". Il est irrésistible, quand Mademoiselle Angèle, grenouille de bénitier, refuse de rentrer chez elle pour permettre à la boulangère de réintégrer son foyer sans devoir affronter le regard hostile des villageoises. L'instituteur lui déclare sa flamme. Alors seulement, elle rentre chez elle et tout en fermant ses volets lui dit "Monsieur, si vous avez des intentions sérieuses, venez demain au grand jour" !!! La scène est à hurler de rire ! Une autre scène est jubilatoire : quand Dromard l'instituteur et le curé se disputent au sujet des différentes 3 ou 4 ères (suivant ses convictions) enseignées aux enfants. La conversation se termine par des insultes : "brigadéù" "vade retro satanas", "va te cacher fondu" !!!. La aussi, fou-rire garanti. Puis il tourne 3 films "parisiens". Il n'aura pas eu le temps de jouer dans "La fille du puisatier", "Manon des sources", car dès 1939, alors âgé seulement de 29 ans, il s'engage dans la guerre. Il est tué lors d'une patrouille.

Il est enterré à Vallauris. Il nous manque quelque chose dans le cinéma provençal. C'est lui, avec sa voix bien particulière, sa silhouette droite, toujours alerte, sa droiture, son empathie.


Sources : L'Encinémathèque - Confidences de Pagnol

 

 

 

 

 

 

 

Posté par Faneton13 à 12:42 - Commentaires [0] - Permalien [#]

 

 

Antonin Berval

Antonin Pasteur - ANTONIN BERVAL


"C'est moi qui ai le plus beau rôle. Pendant que je suis au bar, sur scène, les acteurs ne parlent que de moi"

(pour son rôle au théâtre dans "Fanny")

​C'est à Avignon, en 1891 que nait Berval. Il débute à l'Alcazar. Il chante aussi bien en provençal qu'en français.Dans le livre "Marseille sur scène" il est dit que Berval était bel homme, charmeur. Andrex en parle comme d'un ami cher, agréable. Berval va de succès en succès et finit par monter à Paris où il tournera une soixantaine de films dont quelques uns se déroulent en Provence : "Romarin", "Maurin des Maures" qui est un immense succès, "La chèvre d'or", "Au pays du soleil".

​En 1931, sur l'insistance du public, Marcel Pagnol a écrit une suite à "Marius" et il désire monter la pièce "Fanny". Mais une terrible algarade a lieu entre Volterra le directeur du théâtre et Raimu. Volterra annule le contrat de l'acteur et fait alors appel à Harry Baur pour jouer le rôle de César Olivier. Pierre Fresnay, lui, est alors en pleine ascension et refuse de jouer le rôle de Marius parce que trop léger (effectivement, il part sur un bateau dès le début de la pièce et ne réapparaît que dans les dernières minutes). Pagnol remplace Fresnay par Berval qui vient de tourner "Maurin des Maures, où il a obtenu un très grand succès. Mais lorsque Pagnol décide de tourner le film "Fanny", il fait à nouveau appel à Pierre Fresnay plutôt qu'à Berval pour jouer Marius. Raimu fidèle aux amis s'y oppose farouchement, mais Pagnol a le dernier mot. 

Alors que les acteurs jouaient sur scène au théâtre de l'Odéon (rôle où il n'apparaît qu'à la toute fin), Berval discutait au bar avec son ami Pagnol. Une personne lui demande si cela ne le gêne pas d'être dans les coulisses pendant que les acteurs jouent :

- pas du tout ! répond Berval. C'est moi qui ai le plus beau rôle. Pendant toute la pièce les acteurs ne parlent que de moi !!

Berval fait une belle carrière cinématographique. Il meurt à Nice en 1966.


Sources : L'Encinémathèque - " - "Marseille sur scène" de Bazal/Baudelaire/Eche - "Confidences" de Pagnol

 

 

 

 

 

 

 

Posté par Faneton13 à 12:50 - Commentaires [0] - Permalien [#]

blavette casquette

Charles Blavette

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Charles Ernest Jean Blavette -

CHARLES BLAVETTE 


- "Vé ! Mes épinards géants, ils sont pas plus gros que du cresson"

- "Barnabé l'amitié m'étouffe ! Tiens changeons de chapeau ! (La femme du Boulanger)

 

​Blavette est né le 24 juin 1902 à Marseille. A l'âge de 6 ans il perd dans la même année son père et sa mère et c'est sa tante et son oncle parternels qui l'élèvent. Dans son autobiographie "Ma Provence en cuisine" (où il parle effectivement surtout de recettes de cuisine), Blavette raconte qu'une année en communale il a obtenu "le prix du mal de tête" (excuse qu'il donnait lorsqu'il ne voulait pas travailler en classe). Il perd son temps à l'école, si bien que, dès l'âge de 10 ans son oncle le prend en apprentissage dans sa ferblanterie située au quartier de Castellane .

 Sur la Canebière il y a le bar Noailles "fréquenté" par tous les artistes (Fernandel, Berval, Poupon, Alibert..). Grâce à l'argent gagné à la ferblanterie, Blavette peut fréquenter ce bar où il sympathise avec quelques uns de ces artistes, dont Poupon, qui un soir de 1933, lui propose de jouer dans un film de Pagnol. Après bien des hésitations (coquetterie ? Car il rêve de faire du cinéma !), Blavette accepte et se retrouve à jouer le rôle de Tonin dans "Joffroi". Il est renversant de justesse. Pagnol est ravi :

 "Dès la première répétition, il nous surprit  par son aisance, son naturel, sa sincérité" (M.Pagnol dans "Confidences").  

 En 1934, il joue le rôle du rémouleur dans "Angèle" avec Poupon (le rôle de Clarius Barbaroux était dévolu à Raimu mais l'acteur et le cinéaste sont fâchés). Puis, c'est la consécration : il obtient, grâce à l'intervention admirative et affectueuse de Pagnol, le premier rôle dans le chef-d'oeuvre "Toni" de Jean Renoir. Mais pour Blavette, c'est un mauvais passage. Renoir le trouve un peu "gras" et le met au régime, lui le fin gourmet, l'amateur de pastaga. Dans le film il est bouleversant aux côtés de Jenny Hélia.

Il tourne encore avec Pagnol. Tous ses rôles sont empreints de gentillesse, d'humanité : Tonin le rémouleur dans "Angèle" ; Antonin le chasseur dans "la femme du boulanger" ; Jasmin le cheminot dans "Regain" ; Pamphile le menuisier dans "Manon des sources"..... D'autres cinéastes s'intéressent à lui. Renoir le rappelle pour "La Marseillaise" (j'ai lu quelque part qu'il n'aurait pas joué jusqu'au bout, ne supportant pas de se voir "déguisé" !! A vérifier !). D'ailleurs, il ne parle pas de ce rôle dans son autobiographie. Mais rappelons-nous lorsque arrivé à Paris, Blavette réclame au serveur "des tomates d'amour" !!) ; Jean Grémillon dans "Remorques" et "Lumière d'été" ; Clouzot dans "Quai des Orfèvres", "L'eau Vive" de François Villiers où il joue le rôle du berger, oncle de la jeune Hortense. 

A l'instar de Poupon, Blavette semble avoir privilégié sa vie privée à sa carrière professionnelle : 52 films (dont beaucoup de chef-d'oeuvre et pas un seul navet) en 33 ans de carrière.

Il était l'ami de tous les acteurs provençaux, mais particulièrement l'ami de Raimu et Poupon. Il avait acheté une maison à Bandol ; ce qui lui permettait de voir fréquemment ses 2 plus chers amis quand ils étaient dans le coin. Chose étrange, lui et Raimu se vouvoyaient.

Blavette est à mon avis l'acteur le plus représentatif de ce qu'est la Provence. Ecoutez Raimu dans "les inconnus dans la maison", écoutez Charpin dans "Chotard et Cie", écoutez Andrex dans "la Marseillaise"..... et vous verrez (vous entendrez) que dans certains rôles, l'accent provençal se "parisianise" !! Jamais chez Blavette ! Il a toujours le même accent, les mêmes intonations, la même sincérité. Ce qui caractérise aussi le jeu de Blavette c'est la finesse avec laquelle il interprète les personnages. Ses rôles, il ne les jouait pas, il les vivait. Il a toujours accepté de jouer des rôles de personnes simples, "du peuple" : Il devenait un temps menuisier, berger, chasseur, rémouleur.... et toujours avec une grande discrétion, beaucoup de tendresse ! Dans "Manon des sources", c'est certainement le  plus humain des hommes (avec Delmont). Ce sont ces deux acteurs qui rappellent aux villageois combien ils ont été injustes avec Jean de Florette, puis avec Manon. Dans "la femme du boulanger" alors que tout le monde rit de la situation de cocu du boulanger (jusqu'à ce qu'ils soient privés de pain), il est d'une gentillesse extrême avec Aimable Castagnier ; il barre la route à la femme du boulanger qui veut suivre le berger, en lui rappelant combien le boulanger est un brave homme.... Dans "Angèle", c'est lui encore, qui, tout malheureux, dit à Saturnin (Fernandel) "croire" avoir vu Angèle dans la rue du Tapis Vert (où elle se prostitue).

Pour une fois, semble-t-il, les cinéastes ne se sont pas trompés qui n'ont pu faire jouer à un homme aussi généreux, humain.... des rôles de "méchant" !

Blavette était marié. Dans son autobiographie il évoque vaguement sa femme "Paquita" (diminutif selon Paul Olivier). On ne sait rien de plus.

Il est mort en novembre 1967 alors qu'il jouait dans le téléfilm "Jacquou le Croquant" et depuis, personne n'a pu le remplacer.

Bon ! Vous l'aurez compris ! Blavette a une place importante dans mon coeur

 

Sources : "confidences" de Pagnol - "Ma Provence en cuisine" de Blavette - "Raimu, un grand enfant de génie"

 

 

 

 

 

 

 

Posté par Faneton13 à 12:58 - Commentaires [0] - Permalien [#]

 

 

Castan

Victor Jean Edouard Castagnier : Jean CASTAN

"Je lui ai dit que c'était des anchois des Tropiques"

 Il est né à Marseille en 1917. C'est Pagnol qui le remarque "Au Cigalon" restaurant de la Treille qui appartient à ses parents et où il est garçon de café. Pagnol tourne "Jofroi". Sa ressemblance avec Fernandel est frappante. Mais à la différence de Fernandel, il avait toujours un air plein de flegme. Le cinéaste lui propose de jouer dans "Merlusse". Il devient le temps de quelques jours un lycéen meneur de troupes. Puis il enchaîne les films de Pagnol dont il a rejoint l'équipe : "Cigalon", "Topaze" "César", "Regain", "le schpountz" (je lui ai dit que c'était des anchois des tropiques !!) où il joue le frère et le confident du Schpountz ; "la femme du boulanger" où il est Esprit le collègue de travail de Dominique, le Berger : (je me fous de ce que dit Esprit. Vous voyez pas qu'il a une gueule d'abruti. C'est pas l'esprit saint tout de même). Puis il tournera encore 2 films avec Cammage et Raymond Leboursier, pour enfin passer derrière la caméra comme assistant de cinéastes. Dommage qu'on ne le voit pas dans "La fille du puisatier" et surtout dans "Manon des sources".

Il est mort dans le petit village de "la Penne sur Huveaune" (entre Marseille et Aubagne) en 1990.

 

 

 

 

 

 

 

 

Posté par Faneton13 à 13:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]

 

 

Charpin

charpin-boutique

 

 

Fernand Charpin - CHARPIN

"J'ai oublié de vous dire que le pitalugue est un peu jaloux" (Fanny)

- Alors Honoré ! Il paraît que tu es malade !

- Oui ! Et toi Elzéar, il paraît que tu es menteur !!

(César)

- Ca non ! Parce que tu manges mais ne te nourris pas ! Celui qui te nourrit, c'est moi !

(le schpountz)

 Il naît à Marseille en 1887 mais passe son enfance à Venelles (près d'Aix-en-Provence). Il rêve de faire du théâtre et son père, homme large d'esprit l'encourage. Après des études au Conservatoire, il "fréquente" un temps très court les salles marseillaises. Dès 1910, il monte à Paris et est aussitôt "enrôlé" au Théâtre de l'Odéon où il reste de longues années. C'est là que Marcel Pagnol sur l'insistance de Raimu, va le voir jouer dans "Chôtard et Cie". Le cinéaste est persuadé que Charpin fera un bon César. En entendant parler de pièce marseillaise, Charpin pense aussitôt à une galéjade, du vaudeville ; lui qui rêve de déclamer des vers, de Corneille et Racine, il hésite. Pourtant, après avoir lu la pièce, enthousiaste, il donne son accord pour jouer César.

Mais tout le monde connaît l'histoire. Raimu refuse de jouer le rôle de Panisse qui échouera à Charpin. Il y est époustouflant de justesse, de bonhomie. Il est émouvant quand il apprend que Fanny est enceinte et qu'il lui dit que pour lui c'est le plus grand bonheur qui puisse lui arriver, puis il sort d'un tiroir les lettres qu'il a toujours gardées pour compléter son enseigne  : "Panisse....." :  "ça c'est Feu, ça c'est LEU, ça c'est i, ça c'est SEU et ça c'est ET.......et FILS" ; espérant avoir un jour un pitchoun

Les Français découvrent un immense acteur. D'autres rôles suivront avec Pagnol : "le gendre de Monsieur Poirier", "la femme du boulanger" où clin d'oeil de Pagnol, il jouera le rôle du Marquis de Venelles (village où il a passé son enfance et sa jeunesse), "Le schpountz" (tu n'es pas bon à rien, tu es mauvais à tout !!), "la fille du puisatier" (assez antipathique dans ce rôle !!). Il tourne avec d'autres auteurs "parisiens" où, par nécessité, il perd son accent provençal. Il a tourné dans quelques grands films : le  traître veule et perfide dans "Pépé le Moko", dans "la belle équipe", "Le Petit Chose"... mais ce sont de bien petits rôles pour un acteur aussi grand. Il aura quand même joué 68 films entre 1931 (Marius) et 1944.

Il meurt en 1944 (deux ans avant Raimu) d'une crise cardiaque. On ne sait malheureusement rien de sa vie privée. Etait-il marié ? Il semblerait que non et  qu'il n'avait pas d'enfant. Sa disparition est une véritable catastrophe pour le cinéma provençal.

Sources : "Confidences" de Pagnol - "Raimu ou l'épopée de César" de Paul Olivier - "Charpin, un grand second rôle" de Beylie-Chirat-Sourice et Villien - "Raimu, un grand enfant de génie" d'Isabelle Nohain-Raimu

 

 

 

 

 

 

 

Posté par Faneton13 à 13:11 - Commentaires [0] - Permalien [#]